Commémoration de la vie et de la carrière de M. Gilbert Tardif, grand bâtisseur de la compagnie Maibec

March 26, 2026

M. Gilbert Tardif, grand bâtisseur de la compagnie Maibec, est décédé à l’âge de 99 ans, le 18 mars 2026. Il aura eu une vie active et comblée de succès. Sa simplicité, son écoute des autres, sa grande intelligence, le désir de bâtir son entreprise ainsi que d’être un contributeur significatif à l’évolution de l’industrie forestière du Québec lui auront amené une très grande reconnaissance de ses pairs et de ses employés.


Gilbert Tardif est né à St-Albert de Warwick en 1927. Fils de cultivateur , il aura tôt fait de développer un intérêt pour le milieu forestier lors des tâches de récolte du bois de chauffage sur le lot familial. Il deviendra étudiant à la faculté de foresterie et de géodésie de l’Université Laval, d’où il obtiendra un baccalauréat en génie forestier en 1952. Il continuera ses études au New-York State College of Forestry, à Syracuse, où il obtient, en 1954, une maîtrise en génie industriel. Enfin, son parcours académique se complète de belle façon en 1958, par des études de 3e cycle en statistiques mathématiques, à la North State University en Caroline du Nord.


La carrière professionnelle
En 1954 il entreprend sa carrière professionnelle chez Eagle Pencil à Drummondville. Il travaillera aussi pour la Quebec North Shore company et chez Ontario Paper company. En 1960, il devient conseiller en informatique et recherche opérationnelle chez KSC ltd et SERA, de 1960 à 1963, où il participera aux travaux qui mèneront à la mise en place du système D’assurance maladie du Québec . Au cours des 7 années suivantes, soit jusqu’en 1971, il sera ingénieur conseil auprès de la firme Omer Lussier et Associés de Québec. S’amorce par la suite pour M. Tardif un engagement dans une belle aventure qui se continue encore aujourd’hui. En effet, après avoir agi, de 1971 à 1980, en tant que vice-président des opérations forestières et de la production pour l’entreprise Maibec, il en devient propriétaire et président directeur général en 1981. Il occupera ce poste jusqu’en 2004 ; son fils François prendra alors la relève à la direction de cette entreprise familiale, où œuvrent également son autre fils Charles ainsi que sa fille Madeleine. M. Tardif y demeurera toutefois toujours très actif, notamment en tant que président du conseil d’administration jusqu’en 2014 et jusqu’à l’âge 91 ans, comme conseiller.

La participation au développement de l’industrie forestière
Ceux qui ont connu M. Gilbert Tardif savent qu’il n’était pas celui qui parle haut et fort. Il était celui qui parle juste et bien. Il était celui qui préférait la logique qui aide à l’émotion qui dérange. C’était un homme de persuasion plutôt que de confrontation, qui a maintes fois mis son approche cartésienne au service de gens à la recherche de solutions.
C’est ainsi qu’on le retrouve à l’Association des industries forestières du Québec, où il sera administrateur pendant de nombreuses années et vice-président de 1983 à 1987. Il a également été membre du bureau exécutif du Conseil canadien du bois, de 1988 à 1997, et président de cet organisme en 1991 et 1992.
Toujours dans le domaine associatif, de 1980 à 1993, M. Tardif a siégé au conseil d’administration de l’Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec (intégrée aujourd’hui au Conseil de l’industrie forestière du Québec) et en a assumé la présidence en 1988-1989.
Plusieurs autres organisations ont eu aussi le privilège de bénéficier de la contribution M. Tardif. Mentionnons notamment Forintek Canada (maintenant FPInnovation), la CSA (Canadian Standard Association), le Conseil de la recherche forestière du Québec, la Table Accord Valorisation du bois dans l’habitation de la région Chaudières-Appalaches et, CECOBOIS, où il fut membre du comité directeur et du comité aviseur.
Dans le cas de Forintek (FPInnovation), dont il a été administrateur et président des programmes de recherche du laboratoire de l’Est de 1983 à 1987, il y a lieu de signaler de façon particulière le rôle décisif de M. Tardif dans le dossier du transfert du laboratoire d’Ottawa vers Québec qui, n’eût été de la persévérance, du travail assidu et de la diplomatie de M. Tardif, n’aurait probablement pas eu lieu. Rappelons que FPInnovations est le centre de recherche privé sur le bois le plus important au monde.
M. Tardif s’est avéré, au fil des ans, tant au sein de son entreprise, qu’auprès des gouvernements ainsi que dans de multiples forums ou présentations publiques, un acteur de premier plan au Québec pour la promotion de l’utilisation du bois.
Rappelons à cet égard que, si nous parlons aujourd’hui de plus en plus de ce matériau, ce n’était pas nécessairement le cas il y a 20 ou 30 ans. Or M. Tardif a été à l’avant plan de ceux qui ont porté ce discours pendant toutes ces années. Il faut l’avoir entendu défendre les qualités de ce produit pour saisir réellement la profondeur de ses convictions. Il n’est pas surprenant qu’il ait su, à lui seul,
convaincre tant de gens au cours de toutes ces années. Aujourd’hui, en regard à la protection de l’environnement, le bois s’avère toujours le matériau de construction le plus apte à contribuer à la réduction des gaz à effet de serre tout en apportant un bien-être démontré aux occupants.


La recherche et l’innovation
L’intérêt de M. Tardif pour la recherche et l’innovation en foresterie et en transformation des bois a fait de lui un compagnon et un promoteur important de la FFGG (Faculté de foresterie, de géographie et de géométrie) de l’Université Laval et de son département des sciences du bois.
L’un des bâtisseurs du programme de baccalauréat coopératif en génie du bois, M. Tardif a été considéré comme le champion de l’industrie québécoise auprès de la faculté pendant plus de quarante ans. Il a été consulté autant par la direction de la faculté que par ses chercheurs et ses étudiants pour ses connaissances académiques et pratiques du secteur forestier et de la transformation du bois. Il interviendra fréquemment auprès de ses pairs de l’industrie afin de faire la promotion de l’aspect coopératif du programme de génie du bois. Prêchant par l’exemple, il aura fait de sa propre entreprise l’une des cibles recherchées des étudiants pour leurs stages.
Il a été président du Conseil de la recherche forestière du Québec de 1993 à 1995.
Il a été membre honoraire du Centre de recherche sur les matériaux renouvelables de l’Université Laval.


Les honneurs
Mentionnons notamment qu’en 1993 il a été lauréat du prix d’excellence « Alfred-Plourde », remis par l’Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec pour son engagement et sa participation significative au développement de l’industrie du sciage au Québec. Il a reçu la médaille de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec en 1994. Cette médaille est remise annuellement à un ingénieur forestier qui, par ses qualités personnelles et ses différentes réalisations, aura marqué de façon significative l’avancement et le rayonnement de la profession. En 1995, il a été récipiendaire du prix « Paul-Bunyan », décerné par le Conseil canadien du bois, pour son apport remarquable à la promotion de l’industrie de transformation du bois au Canada. Enfin, en 2011, il fut récipiendaire du premier prix Émérite décerné par CECOBOIS, centre d’expertise sur la construction commerciale en bois.
Le 21 janvier 2021, l’une des plus belles salles de réunion du campus de l’Université Laval a été nommée en son honneur.
La même année, l’Université Laval lui octroie le titre de Coup de cœur philanthropique de l’année.

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